L’optimisation e-merchandising ne consiste plus seulement à décider quels produits doivent apparaître en premier dans une catégorie. Elle doit déterminer, pour chaque visite, quel classement facilitera le mieux le choix tout en contribuant à la performance du site.
Pendant longtemps, les listes produits ont été organisées à partir de quelques critères universels :
- les meilleures ventes ;
- les nouveautés ;
- les promotions ;
- la marge ;
- le stock disponible ;
- un score global de popularité.
Ces critères restent utiles. Toutefois, ils répondent d’abord à une logique générale ou à des objectifs définis par le marchand. Ils ne suffisent donc pas à comprendre ce qu’un visiteur précis essaie de faire à un moment donné.
Les pages catégories et les listes produits occupent pourtant une place décisive dans le parcours d’achat. Comme le souligne le Nielsen Norman Group dans ses recommandations sur les pages catégories et les listes e-commerce, elles doivent aider les visiteurs à comprendre les différences entre les options proposées et à identifier rapidement les produits les mieux adaptés à leurs besoins.
Certaines solutions vont plus loin en proposant des classements différents selon des segments ou des clusters. Cette approche apporte davantage de finesse qu’un tri identique pour tous. Néanmoins, elle continue à appliquer une réponse moyenne à plusieurs personnes supposées se ressembler.
Or deux visiteurs appartenant au même segment peuvent se trouver dans des situations très différentes.
L’un découvre l’offre et cherche à comprendre les possibilités. L’autre compare trois produits déjà identifiés. Un troisième revient vérifier un prix, une disponibilité ou un délai de livraison avant de commander.
Pourquoi devraient-ils voir les produits dans le même ordre au seul motif qu’ils appartiennent au même segment ?
Une véritable optimisation e-merchandising doit donc dépasser le classement universel, mais aussi les tris fondés uniquement sur des segments ou des clusters. Pour cela, elle observe plusieurs familles de signaux, les replace dans leur contexte et les combine afin de prendre une décision adaptée à la situation réelle du visiteur.
Optimisation e-merchandising : les 9 principales familles de signaux
Pour mieux personnaliser les listes produits, neuf grandes familles de signaux peuvent notamment être analysées :
- les interactions avec les produits ;
- la trajectoire de navigation ;
- l’utilisation des filtres et des tris ;
- le rythme d’exploration de la liste ;
- la source et le contexte d’entrée ;
- le terminal et les conditions de consultation ;
- les caractéristiques commerciales des produits ;
- le contexte temporel ;
- les objectifs et les contraintes du marchand.
Cette liste n’est pas exhaustive. En effet, d’autres familles de signaux peuvent intervenir selon le secteur, la nature du catalogue, les parcours d’achat ou les objectifs commerciaux du site.
Par ailleurs, il ne s’agit pas de neuf données isolées. Chacune de ces familles regroupe potentiellement de nombreux marqueurs.
Enfin, aucun signal ne doit être interprété seul. C’est leur combinaison qui permet de caractériser une situation et d’adapter le classement des produits.
Pourquoi l’optimisation e-merchandising dépasse les tris, segments et clusters
Un classement fixe applique la même réponse à toutes les visites.
Même lorsqu’un modèle statistique le produit, il repose généralement sur une logique globale. Les produits ayant le plus de chances d’être cliqués ou achetés sont alors placés en premier.
Les tris par segments ou par clusters introduisent une première forme de « personnalisation ». Ils peuvent, par exemple, présenter un classement aux nouveaux visiteurs et un autre aux clients fidèles. De la même manière, ils peuvent distinguer les acheteurs sensibles au prix des amateurs de produits premium.
Cette approche conserve néanmoins une limite importante : toutes les personnes rattachées au même groupe reçoivent généralement une réponse similaire.
Or un segment reste une moyenne.
Deux visiteurs classés dans le même cluster peuvent présenter des comportements passés comparables sans poursuivre le même objectif aujourd’hui. L’un achète peut-être pour lui-même, tandis que l’autre cherche un cadeau. De même, l’un découvre la catégorie alors que l’autre revient finaliser une décision.
Ce qui fonctionne en moyenne pour un segment ne correspond donc pas nécessairement à ce qui sera pertinent pendant la visite en cours.
Prenons une catégorie contenant cent canapés.
Un classement par popularité favorisera probablement les modèles les plus vendus. De son côté, un classement segmenté pourra privilégier certains produits pour les visiteurs urbains ou les nouveaux clients.
Pourtant, un visiteur qui consulte uniquement de petits canapés convertibles, utilise un mobile et arrive depuis une campagne consacrée aux studios n’a probablement pas besoin de voir en priorité le canapé le plus populaire du catalogue.
Il n’a pas davantage besoin de voir automatiquement le produit qui fonctionne le mieux auprès du segment auquel il a été rattaché.
L’enjeu de l’optimisation e-merchandising consiste donc à passer de la question :
Quels sont les meilleurs produits pour cette catégorie de visiteurs ?
à une question plus précise :
Quels produits faut-il mettre en avant dans cette situation individuelle ?
Pour y répondre, le site doit observer les signaux produits par la navigation. Il doit également prendre en compte les caractéristiques du catalogue et les priorités commerciales du marchand.
1. Les interactions produits, premiers signaux d’optimisation e-merchandising
Les premières informations utiles proviennent naturellement des produits avec lesquels le visiteur interagit.
Celui-ci peut notamment :
- ouvrir une fiche produit ;
- revenir vers la liste ;
- ajouter un article aux favoris ;
- ajouter puis retirer un produit du panier ;
- consulter les variantes ;
- ouvrir les avis ;
- vérifier les informations de livraison ;
- comparer plusieurs références proches.
Ces comportements permettent d’identifier les caractéristiques qui semblent retenir son attention.
Par exemple, un visiteur peut consulter successivement plusieurs produits appartenant à la même gamme de prix. Cette convergence constitue un premier signal.
De même, s’il ouvre uniquement des articles d’une certaine couleur, d’un format précis ou possédant une caractéristique commune, le classement peut accorder davantage de poids aux références comparables.
Toutefois, un clic ne doit jamais être interprété comme une préférence certaine.
Un produit peut avoir été ouvert parce que son visuel était surprenant ou parce que son prix semblait anormal. Le visiteur peut également vouloir examiner l’article avant de l’écarter définitivement.
L’optimisation e-merchandising ne doit donc pas transformer chaque action en règle immédiate. Elle doit observer la succession des comportements et la replacer dans l’ensemble de la visite.
Exemple d’application
Un visiteur consulte trois bureaux compacts, revient systématiquement vers la liste et ignore les modèles de grande largeur.
Plutôt que de continuer à lui présenter les meilleures ventes de la catégorie, le classement peut accorder davantage de poids aux bureaux correspondant aux dimensions qu’il explore.
2. La trajectoire de navigation pour comprendre la situation
Le visiteur ne se définit pas uniquement par la page qu’il consulte. Le chemin suivi avant d’arriver sur une liste apporte également des informations importantes.
A-t-il commencé par une catégorie générale avant de rejoindre une sous-catégorie précise ? Arrive-t-il depuis une fiche produit ? A-t-il consulté plusieurs univers ? Revient-il régulièrement sur la même liste ?
La trajectoire permet de distinguer plusieurs situations.
Un visiteur qui passe successivement de « mobilier » à « mobilier de bureau », puis à « fauteuil ergonomique », affine progressivement son besoin.
À l’inverse, une personne qui navigue entre le salon, la chambre et les accessoires se trouve peut-être encore dans une phase d’inspiration.
Dans le premier cas, le classement peut privilégier la précision et la correspondance avec les critères déjà observés. Dans le second, il peut conserver davantage de diversité afin de ne pas réduire inutilement l’offre présentée.
Une bonne optimisation e-merchandising ne consiste donc pas seulement à changer rapidement l’ordre des produits. Elle doit aussi exploiter les premiers signaux sans figer définitivement l’interprétation de la visite.
Exemple d’application
Un visiteur arrive sur une page « chaussures », consulte ensuite « chaussures de randonnée », puis « randonnée imperméable ».
La dernière liste ne devrait plus être classée comme celle présentée à une personne arrivant directement sur cette catégorie sans navigation préalable.
3. Les filtres et les tris comme signaux explicites
Les filtres constituent l’une des expressions les plus directes des critères du visiteur.
Leur rôle dans la découverte des produits est largement documenté. Les recherches de Baymard Institute sur les listes produits et le filtrage montrent notamment combien la qualité des tris, des filtres et de la présentation des résultats conditionne la capacité des visiteurs à explorer efficacement un catalogue.
Lorsqu’une personne sélectionne une taille, une gamme de prix, une matière ou une marque, elle fournit une indication explicite. Il s’agit donc d’un signal particulièrement fort.
Cependant, l’information utile ne se limite pas aux filtres finalement conservés.
Les ajouts, les suppressions et les combinaisons successives sont également révélateurs. Ainsi, un visiteur peut :
- sélectionner un prix maximal, puis l’augmenter ;
- choisir une marque avant de supprimer ce filtre ;
- filtrer les produits disponibles immédiatement ;
- hésiter entre deux tailles ;
- activer plusieurs caractéristiques incompatibles ;
- utiliser un tri par prix après avoir consulté des produits premium.
Ces actions montrent comment le visiteur arbitre entre ses critères. Elles peuvent aussi révéler que son besoin n’est pas encore complètement défini.
Par conséquent, l’optimisation e-merchandising ne devrait pas seulement respecter mécaniquement les filtres. Elle peut également exploiter leur évolution pour mieux ordonner les produits qui restent dans la liste.
Exemple d’application
Une personne filtre d’abord les manteaux à moins de 150 euros. Après avoir consulté plusieurs produits, elle remonte ensuite son plafond à 250 euros.
Le prix reste probablement important. Toutefois, il n’est peut-être plus le seul critère prioritaire.
Le classement peut alors favoriser les produits offrant le meilleur compromis entre les caractéristiques consultées et le nouveau budget.
4. Le rythme d’exploration au service de l’optimisation e-merchandising
La manière dont une personne parcourt une liste fournit des informations différentes de celles issues des seuls clics.
Parmi les comportements observables figurent notamment :
- la vitesse de défilement ;
- la profondeur atteinte dans la liste ;
- les pauses ;
- les retours vers le haut ;
- la répétition de certains parcours ;
- le temps précédant un premier clic ;
- le temps précédant la mise au panier ;
- le nombre de produits examinés.
Ces signaux ne permettent pas de lire directement les pensées du visiteur. En revanche, ils aident à caractériser sa situation et à la rapprocher de situations similaires observées dans le passé.
Un défilement très rapide, accompagné de peu d’interactions, peut indiquer que les premiers produits ne correspondent pas aux attentes. Toutefois, il peut aussi signifier que la personne souhaite simplement obtenir une vue d’ensemble.
À l’inverse, des pauses fréquentes, des retours vers le haut et des consultations répétées de fiches proches peuvent correspondre à une comparaison active.
Le temps précédant la mise au panier apporte également une information utile. Une mise au panier rapide après quelques interactions ne correspond pas à la même situation qu’un ajout effectué après une longue exploration.
La prudence reste néanmoins indispensable. Une vitesse de défilement, une pause ou un délai avant l’ajout au panier n’ont aucune signification universelle.
C’est donc la combinaison du rythme, des clics, de la trajectoire et des caractéristiques des produits examinés qui devient utile pour l’optimisation e-merchandising.
Exemple d’application
Un visiteur descend rapidement jusqu’à la deuxième page sans ouvrir de produit. Ensuite, il clique sur plusieurs références partageant le même style.
Le système peut alors accorder davantage de visibilité aux produits présentant des attributs similaires, plutôt que de reproduire le classement initial.
5. La source d’entrée pour contextualiser la visite
Tous les visiteurs n’arrivent pas sur une liste produits avec la même information ni la même intention.
La source d’entrée peut être :
- un moteur de recherche ;
- une campagne publicitaire ;
- un email ;
- un réseau social ;
- une place de marché ;
- une page éditoriale ;
- un comparateur ;
- un lien direct ;
- une autre page du site.
Cette origine apporte un premier contexte.
Une campagne consacrée à une collection, à un usage ou à une saison crée une attente particulière. Lorsqu’un visiteur clique sur une publicité présentant des produits adaptés aux petits espaces, la liste d’arrivée peut logiquement accorder davantage de poids à cette caractéristique.
Toutefois, la source ne doit pas devenir une règle absolue. Le comportement observé après l’arrivée doit pouvoir confirmer, nuancer ou contredire l’hypothèse initiale.
Ainsi, l’optimisation e-merchandising doit commencer à partir des informations disponibles, même lorsqu’elles sont peu nombreuses. Ensuite, elle réévalue le classement à mesure que la situation évolue.
Exemple d’application
Une personne arrive depuis une campagne consacrée aux cadeaux de naissance. Pourtant, elle consulte ensuite uniquement des produits destinés aux enfants de plus de deux ans.
Le contexte publicitaire fournit un premier signal. Néanmoins, il ne doit pas empêcher le classement de s’adapter aux comportements les plus récents.
6. Le terminal et les conditions de consultation
Un même visiteur ne navigue pas de la même manière selon qu’il utilise un ordinateur, un mobile ou une tablette.
Sur mobile :
- moins de produits sont visibles simultanément ;
- le coût d’un mauvais classement augmente ;
- le défilement devient plus fréquent ;
- la comparaison peut être plus difficile ;
- les premières positions attirent davantage l’attention.
Le terminal ne renseigne pas obligatoirement sur les préférences produits. En revanche, il influence la manière dont la liste doit être organisée.
Sur un petit écran, les premières positions ont un poids considérable. Il peut donc être utile d’éviter d’y concentrer des produits trop similaires ou des références présentant des contraintes particulières.
D’autres conditions techniques peuvent aussi être prises en compte. C’est notamment le cas de la vitesse de connexion, du navigateur, de la taille de l’écran ou du mode d’affichage.
L’objectif n’est pas de personnaliser pour personnaliser. Il s’agit plutôt de limiter les frictions propres au contexte de consultation.
Exemple d’application
Sur mobile, une liste peut privilégier dans ses premières positions des produits immédiatement compréhensibles, disponibles et accompagnés d’informations essentielles.
Sur ordinateur, elle peut conserver davantage de variété et faciliter une comparaison plus large.
7. Les données commerciales au cœur de l’optimisation e-merchandising
L’optimisation e-merchandising ne peut pas reposer uniquement sur les signaux émis par le visiteur. Elle doit également intégrer la réalité du catalogue.
Parmi les informations pertinentes figurent :
- la disponibilité ;
- le niveau de stock ;
- les délais de livraison ;
- la marge ;
- le prix ;
- les promotions ;
- le taux de retour ;
- la nouveauté ;
- la saisonnalité ;
- la performance commerciale ;
- les engagements de la marque ;
- les contraintes logistiques.
Cependant, ces données ne doivent pas devenir des priorités rigides.
Placer systématiquement les produits les plus rentables en premier peut dégrader l’expérience si ces références correspondent mal à la situation du visiteur.
À l’inverse, ignorer la marge, le stock ou les délais reviendrait à optimiser l’expérience sans tenir compte du fonctionnement économique du site.
L’enjeu consiste donc à concilier deux objectifs :
- aider le visiteur à trouver les produits les plus pertinents ;
- favoriser les décisions bénéfiques pour le marchand.
Exemple d’application
Deux produits correspondent de manière comparable à la situation du visiteur. Le premier est disponible immédiatement, tandis que le second présente un délai de livraison important.
La disponibilité peut alors servir de critère d’arbitrage. Toutefois, elle ne doit pas dominer systématiquement tous les autres signaux.
8. Le contexte temporel pour adapter le classement
Le moment auquel une visite se déroule peut modifier les attentes, les contraintes et la probabilité de conversion.
Le contexte temporel comprend notamment :
- l’heure ;
- le jour de la semaine ;
- la période de l’année ;
- la proximité d’une fête ;
- le délai restant avant une échéance de livraison ;
- la durée de la session ;
- la récurrence des visites ;
- le temps écoulé depuis une interaction précédente.
Un achat effectué trois semaines avant Noël ne répond pas aux mêmes contraintes qu’un achat réalisé le 23 décembre.
De même, une personne qui consulte une catégorie pour la quatrième fois en deux jours ne se trouve probablement plus dans la même phase de décision qu’au début de sa première visite.
Le contexte temporel ne constitue pas une intention à lui seul. Il permet néanmoins d’interpréter différemment les autres comportements.
Exemple d’application
À quelques jours d’une date importante, le classement peut accorder davantage de poids aux produits livrables dans les délais.
Plus tôt dans le parcours, il peut préserver une offre plus large afin de favoriser la découverte.
9. Les objectifs marchands dans l’optimisation e-merchandising
La personnalisation d’une liste ne doit pas conduire à abandonner toute stratégie e-merchandising.
Le marchand peut vouloir :
- soutenir une nouvelle collection ;
- réduire un surstock ;
- protéger une marge minimale ;
- privilégier certaines marques ;
- mettre en avant une offre exclusive ;
- respecter des accords commerciaux ;
- exclure certains produits ;
- favoriser une gamme plus durable ;
- répartir la visibilité entre plusieurs catégories de références.
Ces objectifs doivent être intégrés à la décision. Toutefois, ils ne doivent pas nécessairement être appliqués de manière identique à tous les visiteurs.
Une nouvelle collection peut, par exemple, bénéficier d’un niveau minimal d’exposition. Néanmoins, elle ne devrait pas monopoliser les premières positions lorsqu’elle correspond mal à la situation observée.
Une optimisation e-merchandising efficace ne remplace donc pas la stratégie métier. Au contraire, elle lui permet de devenir plus sélective.
Au lieu de décider :
Ces produits doivent toujours apparaître en premier.
le marchand peut décider :
Ces produits doivent être favorisés lorsqu’ils sont suffisamment pertinents pour la visite.
Exemple d’application
Une enseigne souhaite mettre en avant une gamme à forte marge.
Plutôt que de la pousser uniformément, le système peut renforcer sa visibilité auprès des visiteurs dont la navigation montre une compatibilité avec ses prix, ses caractéristiques et ses usages.
Optimisation e-merchandising : combiner plutôt qu’empiler les signaux
Collecter des données n’est plus le principal défi.
La plupart des sites disposent déjà d’informations sur les clics, les filtres, les ventes, les produits, les stocks ou les sources d’acquisition. Pourtant, la présence de ces données ne garantit pas un meilleur classement.
La difficulté consiste à répondre à quatre questions :
- Quels signaux sont réellement utiles dans la situation observée ?
- Quel poids faut-il leur attribuer ?
- Comment résoudre les signaux contradictoires ?
- Quand faut-il modifier le classement ?
Un visiteur peut consulter des produits haut de gamme tout en utilisant un filtre de prix restrictif. Il peut cliquer sur une couleur sans jamais acheter les produits correspondants.
De la même manière, il peut arriver depuis une campagne promotionnelle puis manifester un intérêt pour des références non remisées.
Aucune règle isolée ne permet de résoudre ces contradictions.
C’est pourquoi l’optimisation e-merchandising ne devrait jamais fonctionner comme une simple accumulation de déclencheurs :
- s’il clique ici, pousser ce produit ;
- s’il vient de cette campagne, appliquer ce tri ;
- s’il appartient à ce segment, afficher cette liste.
Au contraire, elle doit considérer l’ensemble de la situation. Chaque nouvelle interaction peut alors conduire à réévaluer la décision précédente.
Du profil visiteur à la situation de visite
La quasi-totalité des approches cherchent à construire un profil durable du visiteur : sensible au prix, amateur de telle catégorie, client premium ou acheteur occasionnel.
Ces profils peuvent apporter certaines informations. Cependant, ils présentent une limite majeure : une même personne ne se comporte pas toujours de la même manière.
Un client habituellement sensible au prix peut rechercher un cadeau exceptionnel. À l’inverse, un acheteur premium peut avoir besoin d’un produit temporaire et peu coûteux.
Enfin, un visiteur fidèle peut découvrir une catégorie qu’il ne connaît pas.
La situation actuelle peut donc être plus importante que le profil passé.
Une approche situationnelle ne cherche pas d’abord à déterminer qui est le visiteur. Elle cherche plutôt à comprendre ce qui caractérise la visite en cours :
- ce qui vient de se passer ;
- ce qui semble retenir l’attention ;
- les contraintes observables ;
- les produits disponibles ;
- les objectifs du marchand ;
- les décisions ayant fonctionné dans des situations analogues.
Cette distinction est essentielle pour réussir une optimisation e-merchandising véritablement individuelle, y compris lorsque le visiteur est inconnu.
Comment NetUp exploite les signaux en temps réel
NetUp ne réduit pas la personnalisation des listes à neuf variables prédéfinies.
Sa technologie analyse plus de 232 marqueurs comportementaux, contextuels et psychologiques, auxquels s’ajoutent les données produits et métier. Elle construit ainsi une signature de la situation.
Cette signature n’est pas un profil permanent du visiteur.
Au contraire, elle est recalculée au fil de la navigation. NetUp recherche alors les situations analogues dans lesquelles certaines décisions ont obtenu les meilleurs résultats.
Le classement peut donc évoluer dès que de nouveaux signaux apparaissent.
Cette approche présente plusieurs différences par rapport à un tri statique ou à une personnalisation fondée uniquement sur des segments et des profils :
- elle peut fonctionner dès les premiers clics ;
- elle ne dépend pas d’un profil client préexistant ;
- elle réévalue la situation à chaque interaction ;
- elle peut intégrer les priorités métier du marchand ;
- elle adapte la décision plutôt que d’appliquer un scénario figé ;
- elle agit en moins de 35 millisecondes.
L’objectif n’est donc pas d’afficher une liste différente simplement parce qu’un visiteur appartient à une catégorie.
Il s’agit de déterminer quel ordre de produits a le plus de chances de fonctionner dans la situation présente.
Comment mesurer l’optimisation e-merchandising
La performance d’un classement ne devrait pas être évaluée uniquement à partir du taux de clic.
Un produit peut obtenir de nombreux clics parce qu’il est attractif, surprenant ou particulièrement bien photographié. Pourtant, il ne contribue pas nécessairement davantage aux achats.
À l’inverse, une liste plus efficace peut aider le visiteur à trouver rapidement le bon produit. Elle réduit alors le nombre d’interactions nécessaires avant la décision.
Pour évaluer l’optimisation e-merchandising, plusieurs indicateurs peuvent être suivis :
- le chiffre d’affaires par visite ;
- le taux d’ajout au panier ;
- le taux de conversion ;
- la valeur moyenne des commandes ;
- la contribution des listes au chiffre d’affaires ;
- le taux d’exposition des produits ;
- le temps précédant l’ajout au panier ;
- la profondeur de navigation ;
- les performances par catégorie et par emplacement.
Le chiffre d’affaires par visite constitue souvent l’indicateur le plus complet. En effet, il mesure l’effet global du classement sans réduire la performance à une étape intermédiaire du parcours.
Idéalement, le résultat doit être évalué par un test A/B. Le classement optimisé peut ainsi être comparé, sur le même trafic et pendant la même période, au classement de référence.
Les erreurs qui limitent l’optimisation e-merchandising
Interpréter chaque signal isolément
Un clic, un filtre, une vitesse de défilement ou un temps de consultation ne suffisent pas à comprendre une situation.
Pris séparément, ces signaux réduisent même sa complexité. Leur combinaison permet, au contraire, d’en obtenir une représentation plus complète.
Attendre trop longtemps avant de personnaliser
L’absence d’historique ne justifie pas d’attendre plusieurs visites ni une longue phase de navigation avant d’adapter une liste.
Les premiers clics, les produits consultés, la trajectoire et le contexte d’entrée peuvent déjà caractériser la situation. Une première décision plus pertinente devient donc possible très rapidement.
L’enjeu n’est pas de retarder la personnalisation. Il consiste plutôt à ne pas figer trop tôt l’interprétation de la visite.
Chaque interaction doit pouvoir enrichir, nuancer ou contredire les premières hypothèses.
Ainsi, une approche situationnelle peut personnaliser dès les premiers clics, puis recalculer continuellement le classement.
Confondre popularité et pertinence
Un produit très vendu est performant en moyenne.
Cependant, cela ne signifie pas qu’il est pertinent pour chaque visiteur, chaque besoin ou chaque situation.
Confondre segment et individu
Un segment ou un cluster regroupe des visiteurs présentant certaines similitudes.
Pour autant, rien ne permet de conclure qu’ils poursuivent tous le même objectif lorsqu’ils consultent une liste produits.
Ignorer les contraintes commerciales
Un classement adapté au comportement, mais déconnecté du stock, de la marge ou de la livraison, peut produire de mauvais résultats économiques.
L’optimisation e-merchandising doit donc rechercher un équilibre entre la pertinence pour le visiteur et les objectifs du marchand.
Optimiser uniquement le clic
Le clic reste un indicateur intermédiaire.
Le véritable objectif consiste à améliorer la décision d’achat et la performance globale du site.
Appliquer des règles définitives
La situation évolue pendant la visite.
Par conséquent, le classement doit pouvoir remettre en cause ses premières décisions à mesure que de nouveaux signaux apparaissent.
Conclusion : une optimisation e-merchandising fondée sur la situation
Il n’existe probablement pas de classement idéal pour une catégorie de produits.
En revanche, certaines décisions sont plus adaptées que d’autres à chaque situation.
Les interactions, la trajectoire, les filtres, le rythme d’exploration, la source d’entrée, le terminal, les données produits, le contexte temporel et les objectifs métier apportent chacun une partie de l’information.
Pris séparément, ces signaux restent ambigus. Combinés et réévalués en temps réel, ils peuvent transformer une liste fixe ou segmentée en véritable outil d’aide au choix.
C’est précisément l’enjeu de l’optimisation e-merchandising : ne plus décider une fois pour toutes quels produits méritent les premières positions.
Il ne s’agit pas davantage d’appliquer la même réponse à tous les membres d’un cluster.
L’objectif consiste à recalculer la meilleure décision possible à mesure que la situation se précise.
Testez l’optimisation e-merchandising sur vos propres listes
NetUp permet de comparer votre classement actuel à une décision situationnelle dans le cadre d’un Pilote de 90 jours.
Le test porte sur deux indicateurs principaux : le chiffre d’affaires par visite et le ROI.
L’objectif n’est pas de reconstruire immédiatement toute votre stratégie e-merchandising. Il est de mesurer, sur votre propre trafic, ce que vos listes pourraient générer en prenant de meilleures décisions.
FAQ Optimisation e-merchandising
Qu’est-ce que l’optimisation e-merchandising ?
L’optimisation e-merchandising consiste à améliorer la sélection, l’ordre et la visibilité des produits dans les listes. Elle vise à faciliter le choix du visiteur tout en contribuant aux objectifs commerciaux du marchand.
Pourquoi les tris par segments ne suffisent-ils pas ?
Un segment regroupe plusieurs visiteurs supposés partager certaines caractéristiques. Pourtant, ces personnes peuvent poursuivre des objectifs différents au moment de leur visite.
Une approche situationnelle analyse donc la navigation en cours, plutôt que d’appliquer uniquement la réponse moyenne du segment.
Peut-on personnaliser une liste dès les premiers clics ?
Oui. Les premières interactions, la trajectoire de navigation, la source d’entrée et le contexte de consultation fournissent déjà des signaux exploitables.
Le classement peut ensuite être recalculé à mesure que la situation se précise.
Faut-il connaître l’identité du visiteur ?
Non. L’optimisation e-merchandising peut fonctionner à partir des signaux observés pendant la session, sans dépendre d’un profil client préexistant.
Quel indicateur utiliser pour mesurer les résultats ?
Le taux de clic apporte une information utile, mais partielle. Le chiffre d’affaires par visite mesure plus directement la contribution du classement à la performance du site.
Les règles métier restent-elles nécessaires ?
Oui. Elles permettent d’intégrer le stock, la marge, les promotions ou les priorités commerciales.
Toutefois, elles gagnent à encadrer la décision plutôt qu’à imposer le même ordre de produits à toutes les visites.
